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La vie du village

La vie au village était rythmée par les horaires des ouvriers de la raffinerie Caltex installée sur le Bec d’Ambès.

Le matin les bateaux de l’entreprise Roy partant de Bourg avec un premier contingent  faisaient halte au Pain de Sucre pour un deuxième embarquement et traversaient pour la raffinerie.

A 8heures 20 la sirène sonnait l’embauche. C’était aussi l’heure pour les enfants du village du départ pour l’école.

De mémoire j’ai connu trois bateaux

            Le Machala bateau blanc en bois

            La  Denise bateau ventru  en fer noir et blanc et au moteur bruyant

 (Prénom de la femme de Mr Roy l’armateur)

            La Mouette bateau venu au secours des 2 autres devenus vétustes.

A 12heures 20 la sirène annonçait la pause repas pour les ouvriers et les habitants.

Le soir à 17 heures le bateau ramenait les ouvriers.

Beaucoup habitaient à Saint Seurin et descendaient à pieds le sac repas sur l’épaule et très occupés à se raconter des histoires. Grand père effectua cette traversée comme timonier depuis le peyrat du Pain de Sucre et quelquefois avec son propre bateau la filadière Souvenir pour les retardataires ayant raté l’horaire.

Dans la journée les commerçants ambulants

            Cancelier poissonnier

            Duret primeur épicier

            Gravereau boulanger épicier marchand de carambars dont j’étais friand

            Peleau (l’oncle de Caruel) épicier grainetier

mettaient un peu d’animation, chacun de klaxonner pour annoncer son arrivée et il n’était pas rare que le commerçant fasse une escale d’1/2 heure.

Madame Blanchereau la brodeuse était toujours entourée de femmes et leurs rires bruyants attiraient les enfants avides d’écouter leurs bavardages.

Le soir la télé n’existait pas le village se retrouvait au peyrat, tout le monde s’asseyait sous le poteau lampadaire et chacun y allait de raconter sa journée ou une bonne histoire.

La route touristique ne passait pas par-là, un chemin blanc montait seul à Caruel, donc pas de voitures pour troubler la quiétude du village.

Le dimanche, la route était barrée par un filet de pêche entre le frêne et un mât de pavillon et le village se retrouvait pour une partie de volley Ball. Les plus anciens jouaient  au palet avec des pièces  de monnaie alors en aluminium.

Des falaises calcaires de nombreux villageois extrayaient la pierre de carrières. Certaines sont encore visibles. En arrivant de Bourg sur la droite après la première maison protégée par une grille, une autre à la clotte Blanche, deux aux établissements Brouette (que l’on peut visiter), une en face du peyrat, une dernière au gite du petit brésil.

Le village possédait aussi quelques pêcheurs, dans mon enfance il y avait une dizaine de yoles et filadières.

Un tonnelier exerçait dans le bâtiment à gauche juste avant la cote.

Le chantier naval Tabanou  était au bout du village près du quai d’embarquement des pierres qui partaient sur Bordeaux.

Les femmes avaient la corvée du linge et elles se retrouvaient aux lavoirs. Il en existait trois, un au bout du village en arrivant de Bourg, un encore visible dans la cote de Caruel, le dernier à Barateau à gauche en allant vers Bayon en haut de la cote. Elles chargeaient  leur bassine en fer étamé, leur battoir, leur linge  sur une brouette et en route pour le clap clap.

L’attraction de l’année était l’assemblée de Saint Seurin (fête du village).A cette occasion une course d’ânes attelés était organisée et son trajet passait par le Pain de Sucre. Les habitants se moquaient du classement à l’arrivée mais par malice ils essayaient d’arrêter les pauvres bêtes avec des carottes ou des poignées d’avoine et celui qui réussissait devenait le roi du jour.

Tout ceci a bien changé et vous faites partie de ce changement.

Alors n’hésitez pas le » bonjour « est toujours le bienvenu et vous n’en serez que



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